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Carnets Nomades

Carnets Nomades

Récit en photo et bavardages de nos voyages en camping car en Europe centrale, Europe de l'est et du nord; Asie Centrale et Amérique du sud


2 - Roumanie - Maramures-

Publié par catherineGil sur 7 Juillet 2008, 04:50am

Catégories : #Roumanie en camping-car

Sous la pluie, la route entre Poïeni et Sapanta

 

Roumanie---Maramures Roumanie---Maramures


Schéma du Maramures.


Le 21 août

Comme je me suis installé dehors pour consulter la carte afin de repérer l'itinéraire du jour, un italien d'un CC voisin, vient me demander de la lui prêter deux minutes. Il va faire le même itinéraire que nous et voudrait vérifier un truc. Nous discutons un bon moment, il a eu des renseignement sur l'état des routes qui serait catastrophique en Roumanie et s'inquiète un peu pour son beau véhicule tout neuf. Finalement nous quittons le Niche vers 11 heures, on s'arrête à la sortie de Budapest dans un Super Marché pour essayer de trouver des cartes supplémentaires pour l'appareil photo de Gil et faire quelques courses, résultat, on ne prend réellement la route qu'en début d'après midi et c'est sous un ciel maintenant très gris et menaçant que nous traversons cette plaine sans fin de Hongrie, avec parfois de jolis petits villages de maisons en briques, alignées en bord de route, très fleuries. Un peu avant la frontière on croise un cortège de tziganes en grande fête, la famille en habits du dimanche suit une charrette où trône un couple, précédée d'un groupe de musicien qui nous font de grands bonjour lorsqu'on est à leur hauteur.

On passe la frontière Hongrie /Roumanie en moins de cinq minutes, par contre, la route est radicalement différente, moyenne moins du point de vue de l'état et comme il est un peu tard et qu'en plus il s'est mis à pleuvoir, tout le monde rentre des champs, qui en charrettes, qui à vélo, qui rentre sa ou ses deux vaches, sans compter dans les villages, les poules et les canards . Je me perds un peu dans Satu Mare mais le pompiste où nous nous sommes arrêtés pour faire le plein, nous remet sur la bonne route, ensuite on traverse une forêt incroyablement noire et dense, on croiserait un ours qu'on ne serait pas plus étonnés que ça, et c'est à la nuit, largement tombée qu'on arrive enfin au "camping" Poïeni, près de Sapanta. Camping est un bien grand mot, en fait, il s'agit du parking en terre d'une auberge où on mange très bien : soupe de légumes, grillade avec des pommes de terre et salade, bière, toujours sous un préau en bois, musique et ambiance de fête, car en plus de nous deux, il y a une quinzaine de personnes réunies avec femmes et enfants.

Il fait orage toute le nuit et Gil se demande si nous pourrons sortir facilement de cette gadoue . Pour le repas, la nuit et le branchement électrique nous payons 6€20 par personnes ! On ne peut pas se plaindre .



Sapanta : le" Cimetière Joyeux"


Le 22 août

Nous avions envie de nous rendre à Sapanta à quelques kilomètres de là à pieds, mais vu le temps nous y allons avec Zébulon ( c'est le petit nom de notre CC ). Pendant ce temps la pluie s'est arrêtée alors nous traversons le village pour aller nous garer un peu à l'extérieur sur un terreplain. Comme nous sommes dimanche, tout le village se rend à l'église, les femmes portent de jolies jupes en forme, assez courtes, juste au genou avec des blouses blanches ou de couleurs, et un foulard du même tissus que la jupe. Les femmes d'un certain âge portent le même genre de vêtements mais noirs. Les homme portent un pantalon noir avec gilet et chemise blanche plus un chapeau, à Sapanta c'est une sorte de feutre gris qui paraît deux tailles trop petit mais en traversant d'autres villages, nous nous rendrons compte que, la "mode" aussi bien pour la couleur des jupes que pour la forme des chapeaux varie d'un village à l'autre, mais que toutes les femmes et les fillettes d'un même village portent exactement la même jupe, soit en tissus fleuri, soit en velours, soit avec un effet de plissage dans un tissus à rayures, et les hommes exactement le même chapeau, toujours "trop petit" par rapport à notre goût mais qui peut êtres selon les villages en feutre noir, ou vert ou gris, en paille style canotier ou plus ou moins "casquette".

On passe un grand moment au "Cimetière Joyeux", joyeux parce que très, très fleuri et qu'en plus ici, la tradition est d'orner les tombes avec des croix peinte en bleu, sculptées d'un petit tableau naïf représentant la caractéristique du personnage décédé, ou bien la façon dont il est mort, par exemple, un accident de voiture, avec en dessous un hommage qui se veut retracer de façon humoristique les éléments marquant de la vie du défunt . Dommage, personne ici ne peut nous traduire quelques uns de ces hommages mais c'est vrai que ce cimetière est tout sauf triste ! Comme nous sommes les seuls touristes, les gens sont à la fois étonnés et ravis de nous voir admirer ces croix et nous prennent en charge pour nous faire admirer celle-ci et celle-ci aussi, et celle-là ? Vous l'avez vue ? Et nous font signe qu'on peut photographier si on veut, ce dont on ne se privera pas, pour ne vexer personne car nous supposons qu'ils nous montrent en priorité les croix de leurs familles .


 

Sapanta : " Cimetière joyeux " détail d'une croix.


Je veux absolument passer par Sighetu Marmatiei qui est je crois la ville de naissance d'Elie Wisel mais, c'est une petite ville sans intérêt que nous traversons sans même nous arrêter. Par contre dans les villages, devant toutes les maisons carrées, en bois, il y a de grands portails monumentaux de bois sculpté . En fronton des scènes de la vie indiquant, nous supposons le métier du maître de maison et sur les linteaux on retrouve toujours les mêmes motifs symboliques, des cordes qui représentent la vie, des soleils ou des fleurs en forme de soleil, qui représentent l'élévation spirituelle, des feuilles de chêne qui représentent l'honnêteté et la justice et des motifs en losange ( comme des écailles de poisson ) symboles d'éternité.


Exemple d'un portail en bois sculpté d'une maison dans le Maramures

Par chance, on s'arrête à Deseti, et comme on voit des gens endimanchés se dirigeant tous vers le même endroit, un peu éloigné au dessus du village, on les suit "pour voir". En fait, ils se rendent tous à l'église, où nous rencontrons Claudia qui parle parfaitement bien le français, c'est elle qui nous à expliqué la symbolique des portails. Elle demande au pope de nous laisser visiter l'église habituellement fermée en dehors des offices. C'est une minuscule église en bois, même les bardeaux de la toiture, entièrement tapissée à l'intérieur de toile de lin sur laquelle les moines et les femmes du village, ont peint au XVIII° siécle des scène bibliques ou des scènes historiques, par exemple Sodome et Gomore sont représentées par Byzance "la tête " en bas, cette inversion représentant à la fois sa chute en enfer et la haine des gens d'ici pour l'envahisseur Turc et puis d'autres scènes plus paisibles, comme Adam et Eve au jardin d'Eden, ou des paraboles du Nouveau Testament. Les peintures sont très naïves et les couleurs naturelles, à base de plantes, très douces. Lorsque nous avons fini la visite, un monsieur à l'extérieur vient nous chercher parce qu'il y a dans le petit cimetière attenant à l'église, une cérémonie à la mémoire de sa mère. Il y a des chants à capella magnifiques, les gens ont de ces voix dans ces pays ! Ensuite des récits concernant des épisodes de sa vie, toujours sur le mode humoristique comme à Sapanta nous explique Claudia, puis une collation qu'on nous invite à partager, composée de différents gâteaux à base de noix et pour arroser ça, un alcool de prune dans lequel il faut d'abord tremper les lèvre puis en verser quelques gouttes sur le sol en disant une formule que Claudia à dite pour nous, et finir ensuite le verre d'un seul coup. Une fois ce rituel accompli, si on en veut un autre verre, on vous le sert, mais bon, là, quasiment à jeûn c'est un peu hot pour moiSourire. Gil, lui, ne se dégonfle pas , il reprend du gâteau de noix et accepte avec plaisir la seconde tournée, comme d'ailleurs toutes les personnes de l'assistance. J'ai un peu honte de faire la mijorée mais bon, comme l'église est au sommet d'une petite colline tout en haut du village, j'aimerais autant ne pas rouler jusqu'en bas.


Devant l'église en bois de Deseti


 

Arrivés au camion Claudia vient le visiter, alors je l'invite à partager notre repas, ce qu'elle accepte volontier et pendant que je prépare, elle explique à Gil, papier, crayon en main, tout ce qu'il y a à voir dans la région qu'elle connaît parfaitemen bien . On échange nos adresses, d'ailleurs nous sommes restés en contact avec elle depuis. Et on reprend la route. Tous ces villages du Maramures sont adorables, les maisons , les églises en bois, les gens endimanchés qui se promènent en famille, leur accueil chaleureux dés qu'on s'arrête, c'est charmant. Dans un des villages, on prend un jeune couple en stop. Ils vont à la montagne ou ils se sont loués pour la cueillette des champignons. Et des champignons, il y en a ! De pleins sacs à patates posés sur le bord de la route de montagne qui seront ramassés par des revendeurs. Nos passagers, eux même ont leurs vêtement imprégnés de cette bonne odeur de champignon. Plus on monte, plus la route se dégrade au point qu'on en est à choisir les trous dans lesquels on va passer. On les pose à un col à 2500 mètres ou un camp de tentes pour le cueilleurs est établi et nous, nous redescendons dans la vallée, malgré leur insistance pour qu'on passe la nuit là avec eux. Une fois de plus, on arrive à Vatra Dornei vers 20 heures trente, alors que la nuit est largement tombée. On a de ces journées, on ne se croirait pas en vacances Sourire

 

 

 


Maramures : oignons échalottes et poivrons en train de sècher .

Dans cette petite ville de villégiature, le camping est tout à fait correct avec sanitaires et douches chaudes parfaitement propres et en état de marche. Ca économisera l'eau de Zébulon.


Déséti : Détail des peintures sur toile de l' intérieur de la petite église en bois

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