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Carnets Nomades

Carnets Nomades

Récit en photo et bavardages de nos voyages en camping car en Europe centrale, Europe de l'est et du nord; Asie Centrale et Amérique du sud


5 - Ouzbékistan - Samarkand

Publié par catherineGil sur 11 Juillet 2008, 08:25am

Catégories : #voyage en Ouzbékistan : éblouissant

 

Ouzbekistan---Samarkand Ouzbekistan---Samarkand

 

 


Samarkand : Place du Reghistan , médersa Chir Dor ( regh comme désert, sable )


Le 27 Août

Ce matin, nous avions décidé Gil et moi de visiter Samarkand à notre rythme en flannant, le guide Olizane dans le sac pour avoir des détails. Nous prévenons donc les filles au petit déjeuner. Aussitôt, Anne se rembrunit et, alors que nous consultons Olizane en fumant une cigarette sous l'aïwan dans la cour, Chantal vient nous voir pour nous demander si vraiment on ne pourrait pas aller avec elles . Difficile dans ce cas de refuser tout en restant en bon termes. Comme nous n'avons pas l'intention ni de raisons de nous fâcher, un peu à contre coeur, nous acceptons.



Samarkand : Le Gour Emir ( mausolée de Tamerlan )


Le guide retenu par Anne vient nous chercher à l'hôtel vers neuf heures. On retourne au Gour-Emir, Qui est le mausolée de Timur ( Tamerlan ) aussi magnifique de jour que de nuit mais, bondé de monde, on ne retrouve pas cette ambiance particulière d'hier soir. Ensuite, on revient vers le Reghistan . Je discute un moment avec le guide sur la valeur symbolique des 4 minarets pour symboliser le monde manifesté tandis que les coupoles, elles, symbolisent le Ciel, la transcendance de l' immatériel . Le guide est très intéressé par la symbolique du chiffre 4, alors pour éviter de monopoliser la parole par ces détails qui n'intéressent que le guide et moi, je lui promets de lui faire passer un topo par e-mail dés mon retour en France ( C'est fait  )



Samarkand : Place du Registan cour intérieure de la médersa Ouloug Beg


Ensuite, le guide nous conduit surtout visiter les commerçants et les boutiques installées dans les madrasas du Reghistan . Chez un marchand de tapis, on nous explique les différentes techniques de teinture naturelle pour la laine et pour la soie . A quelque chose près, ce sont les mêmes plantes que celles utilisées au Maroc, ce qui n'a rien d'étonnant. Par contre, nous apprenons que la laine la plus fine, celle qui prend le mieux la couleur, est celle du cou et du poitrail. Au Maroc, les femmes préfèrent la laine de la toison qui à des mèches plus longues et plus faciles à filer . On nous fait voir des tapis absolument splendides, du vraiment beau travail, alors que l'artisanat que nous avons pu voir jusqu'ici dans les boutiques, mis à part les écharpes de soi ( et encore ), n'est vraiment pas au top de la qualité si ce n'est du direct " Made in China "



Samarkand : Mosquée Bibi Khanoun de nuit .


Le soir, après que Anne ait reconduit Tom à un taxi pour Tachkent, ce qui semble-t-il n'a pas été chose facile, on part vers 21 heures trente à la recherche d'une nouvelle tchaïkhana pour changer de notre "cantine" mais il est un peu tard et tout est fermé. Durant nos pérégrinations nous passons devant la mosquée Bibi Khanoun, pas mal non plus de nuit malgré son éclairage carrément chromo américain . Anne énervée que nous ayons marché pour rien va se coucher le ventre vide tandis que Chantal, Gil et moi retournons à la tchaïkhana voisine encore ouverte où nous nous régalons de raviolis aux légumes de salades et de thé.



Samarkand : Bibi Khanoun moucharabieh en faïences.


Le 28 août

Ce matin, le guide est là de bonne heure avec un taxi. Il nous amène voir la mosquée Bibi Khanoun, bien plus jolie de jour que de nuit avec ses faïences crème et ses marbres blancs, bien qu'elle ait beaucoup souffert du séisme de 1966.



Samarkand : Nécropole de Chah-I-Zinda


En face, nous allons visiter la nécropole de Chah-i-Zinda, une sorte de "rue" bordée de mausolées que se sont fait construire les proches d'Amur Timur ( Tamerlan ). Le lieu est étonnant de beauté, l'ambiance est un peu particulière, presque oppressante, mais magnifique, c'est incontestablement le lieu qui moi, me plaît le plus à Samarkand.


Samarkand : Chah-I-Zinda, Qazi Zadeh Rumi


Le guide nous abreuve de détails qu'on retrouve presque mots pour mots dans Olizane. C'est fou ce que les guides francophones s'inspirent d'Olizane...ou vice versa...Ensuite, nous reprenons le taxi pour aller visiter l'observatoire de Oloug Beg, "le Prince Astronome " fils de Tamerlan, et le fameux sextant qui au XV°siècle lui à permis de calculer l'année stellaire avec une précision équivalente à une poignée de secondes près de celle de la NASA. C'est pas des blagues, tous ses calculs sont conservés intacts et consultables sous autorisation bien entendu.


Samarkand : Observatoire de Ouloug Beg, ce qui reste du sextant


Ensuite Gil demande à aller visiter le Musée Archéologique où on peut admirer les superbes fresques du XI° siècle découvertes par la mission Française d'Archéologie ( nous avions vu un docu sur Arte à ce sujet )


 


 

 

Samarkand : le site du mausolée du prophète Daniel .


Enfin, le guide nous conduit au mausolée du prophète Daniel qui est érigé dans un endroit charmant en bordure d'un canal datant du XV°siècle qui détournait le cours de la rivière " noire" c'est son nom paraît-il de Samarcande . Des gosses plongent dans l'eau au milieu des canards , des femmes viennent remplir des bidons à la fontaine.... "miraculeuse" que Anne bien sur goûtera. Il y a des saules et de grands arbres, on se croirait au milieu d'une peinture naïve . Sur la colline, le mausolée, ( Tamerlan aurait acheté les restes du prophète au Sultan de Bagdad pour lui faire construire ce mausolée ) et un très vieil arbre à voeux couvert de petits bouts de tissus. Alors que nous admirons le point de vue depuis ce promontoire, une femme arrive, détache un bout de tissus d'une branche et le laisse s'envoler dans le vent. " son voeu s'est réalisé " nous dit le guide... c'est un joli moment.... qui suffira à faire exécuter à Anne les trois tours réglementaires autour du tombeau de Daniel et à aller boire un autre coup à la fontaine..... Cette insatisfaction permanente et la superstition qui l'accompagne doit être bien inconfortable.

Repas à la tchaîkhana voisine avec Chantal, puis sieste bien méritée dans la cour de l'hôtel sur les tacharpoï avec un bon bouquin, après un plongeon dans la piscine. Le soir, nous retournons au restaurant de chachliks et en revenant on s'arrête à nouveau un long moment devant le Gur-Emir qui est l'endroit préféré de Gil. C'est vrai qu'il est beau de nuit. Le gardien qui nous reconnaît nous dit que demain, le premier ministre japonnais et le Président Kharimov viennent en visite à Samarkand ce qui risque de rendre la circulation et les visites difficiles, voire impossible les jours suivants.



Samarkand : Place du Reghistan , la mosquée de la médersa Tila Kari


Le 29 Août

Fatiguée de ces visites guidées faites au pas de course, je préfère me promener tranquillement dans notre quartier, aller traîner dans les petites rues derrière l'hôtel, voir la petite mosquée de quartier dont on aperçoit la coupole en reflet dans les vitres des chambres du premier étage, voir un autre Samarkand, celui de tous les jours. Dans les rues, en terre battue, loin des grandes avenues, un menuisier travaille dehors en plaisantant avec les ménagères qui rentrent du marché, plus loin, un plombier assemble ses tuyaux dehors, sur des trétaux et les étincelles de la soudure ont attiré des enfants qui le regardent travailler, puis sur une bousculade de l'un d'eux, ils s'égaillent comme une volée de moineaux et rentrent en trombe dans une maison. Sur l'avenue, j'achète une glace que je vais sucer à l'ombre dans le parc proche du Reghistan en regardant les mariés qui se font photographier sur le marches. C'est fou, tous les jours, depuis que nous sommes ici, chaque fois que nous nous rendons au Reghistan, nous croisons au moins cinq ou six couples, elle en belle robe blanche de mariée , lui en costume sombre et leurs amis endimanchés, en train de se faire photographier, seuls ou en groupe sur les marches qui donnent sur cette magnifique place . Le mariage est une industrie qui marche dans ce pays Sourire

 

 

Samarkand : un des nombreux kitchissimes magasins de robes de mariées .


Gil et les filles rentrent vers midi, la visite s'est mal passée, Anne s'est attrapée avec le guide et avec le taxi, bref, je ne regrette pas de ne pas les avoir accompagnés. L'après-midi pendant que nous nous reposons, Abdou, le patron du Zarina , nous fait porter une invitation à dîner pour ce soir. Chic ! C'est vraiment gentil de sa part ! Il nous précise qu'il ne fait pas ça pour tous ses clients mains qu'il nous trouve très sympas alors ..... alors, alors, je pense qu'il a un faible très prononcé pour Chantal, ce qui n'est pas étonnant, elle est tellement douce, gentille, gaie, charmante, tout le monde à un faible pour Chantal.



Samarkand : la jolie petite mosquée des voyageurs à coté de Cha-I-Zinda de nuit.


"Madame Abdou",ne mange pas avec nous mais elle nous à préparé un plov superbe avec une grande variété de légumes et nous passons la soirée à discuter de littérature Russe avec Abdou qui est exactement de notre âge à Gil et à moi. Aaaaah...." Quand Passent les Cigogne" avec Alexeï Batalov...et Tatiana Samoïlova ajoutent Gil et Abdou en choeur ... et Gorki et Cholokhov qui décrit si bien l'âme Russe .... Alors, je l'interroge sur cette nostalgie de la Russie et, à peu de choses près, il nous ressert la même théorie que Dhélia , notre guide de Boukhara . Il regrette que ses petits enfants préfèrent apprendre l'Anglais que le Russe à l'école et pense lui aussi que tenir le peuple avec une poigne solide est une bonne chose . Vous comprenez nous dit-il il y a 130 ethnie en Ouzbékistan alors pour en faire une nation, il faut tenir tout le monde ensemble . 130 ethnies ! Ca me paraît beaucoup mais il est vrai que la première chose que nous disent les gens lorsqu'on leur répond qu'on est français c'est, moi je suis Kirghize ou Kazak, ou Tadjik.. Bon, il est tellement convaincu que je n'ose pas l'interroger sur l'absence totale de presse, même étrangère. Les seuls "journaux" que l'on peut trouver sont des journaux de mots flèches.... ce qui nous à vraiment étonnés dans une grande ville comme Samarkand. Quant à la télé, en tous cas à l'hôtel c'est : chaînes de documentaires ou de films russes. Pour moi, c'était très bien, ça me faisait faire des progrès mais bon, pas ou peu d'infos si ce n'est infos de propagande dans le pur style soviétique.

Après le repas, il nous conduit avec son fils voir l'inauguration des illuminations de Chah-I-Zinda et de la très jolie petite mosquée des voyageurs. C'est superbe et de là, on à une très belle vue sur Bibi Khanoun qui paraît encore plus imposante.


Samarkand : l'ensemble BibiKhanoun de nuit .


Le 30 Août

Chantal et Anne doivent impérativement quitter la ville avant 14 heures leur dit Abdou, si elles ne veulent pas être bloquées. La circulation sera interdite en ville à partir de cette heure là à cause de la visite officielle. Il s'occupe même de leur chercher un taxi qui les conduira jusqu'à Tachkent chez Tom. C'est important parce que Chantal doit prendre l'avion cette nuit.

En attendant, nous allons faire un tour à Bibi Khanoun . Anne nous demande de la laisser seule. Chantal nous dit que c'est parce qu'elle veut accomplir le rituel des trois tours au tour du lutrin en marbre blanc .... bon.... Chantal, Gil et moi, montons jusqu'à la Mosquée de Voyageurs . Alors qu'on s'assied dans l'iwan pour admirer le plafond, quelqu'un nous apporte gentiment des raisins et du thé. La gentillese des Ouzbeks n'est pas une légende, nous avons pu le vérifier maintes et maintes fois.


 

Samarkand : La mosquée de voyageurs, plafond de l'iwan.


On voudrait revenir vers Chah-I-Zindah , mais tout est fermé à cause de la visite officielle, alors, on rentre par le bazar de Bibi Khanoun qui est immense. le long de l'avenue du Reghistan, les petits marchands de cigarettes, d'eau, de glaces et de souvenirs divers ont été repoussés vers les ruelles derrière. la circulation se ralentit considérablement tandis que les force de l'ordre, jusque là pratiquement invisibles, se font plus présentes .



Samarkand : Bazar Bibi Kanoun pains de fête .


On revient manger notre soupe de nouilles traditionnelle à notre tchaïkhana habituelle . Il est temps de rentrer. Anne, qui une fois de plus n'a pas mangé, elle s'est attrapée avec les gens de la tchaïkhana voisine dés le premier jour et ne veut plus y mettre les pieds, est là et le taxi aussi. Le moment des adieux est arrivé. Chantal a été une très jolie rencontre et j'espère que tous les dieux cachés dans toutes les sources et tous les saints, apporteront à Anne tout le bonheur possible....bien que je pense que le bonheur se cache davantage dans les remerciements qu'on adresse à la vie pour ce qu'elle nous accorde que dans ceux que l'on attend ....


Samarkand : une rue dans le quartier " Russe".


L'après-midi à la recherche de la poste pour timbrer et faire partir les cartes postales que je trimbale dans mon sac depuis trois jours, dans des rues totalement vides de voitures, nous découvrons le quartier Russe qui donne une vision totalement différente de Samarkand. Il s'étend de l'autre coté du grand parc central avec ses rues bordées d'arbres, ses églises Orthodoxes et ses jolies maison bourgeoises peinte de couleurs pastel. Nous nous promenons un moment. Il y a un spectacle dans le parc. Des enfants et des jeunes, en uniforme,en costumes de scène ou en habits de sport courent dans tous les sens, ou s'organisent en rangs, excités par le stress du trac derrière une immense scène. Nous demandons aux gardes si on peut assister au spectacle mais ils nous repoussent gentiment. Le spectacle est pour le 15ième anniversaire de l'indépendance et seulement sur invitation. Alors, on continue de se promener. On va faire un tour dans un super marché, vide de clients. Il est tard et c'est la fête, pas étonnant, puis on va manger dans le parc, coté Russe, un "vrai" poulet rôti, avec une "vrai" salade assaisonnée à la vinaigrette avec ce drôle de basilic rouge tellement bon et une "vrai" glace délicieuse accompagnée d'un "vrai" café expresso. C'est extraordinaire de passer ainsi d'un "monde" à l'autre, ( enfin pas pour les prix parce que nous en avons eu pour 3000 sums par personnes soit 2€ ), juste en changeant de coté de parc !

Lorsque nous rentrons, le spectacle bât son plein mais la circulation est rétablie. Si nous avions su, nous aurions cherché un taxi !


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