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Carnets Nomades

Carnets Nomades

Récit en photo et bavardages de nos voyages en camping car en Europe centrale, Europe de l'est et du nord; Asie Centrale et Amérique du sud


3- Ouzbékistan - Boukhara

Publié par catherineGil sur 11 Juillet 2008, 08:35am

Catégories : #voyage en Ouzbékistan : éblouissant

Ouzbekistan---Boukhara Ouzbekistan---Boukhara

 

 


Boukhara : Le minaret de Po-I-Kalon

Le 21 août

Départ pour Boukhara à 8 heures comme prévu. Finalement, on ne s'arrêtera pas à Ourguantch pour l'appareil photo . Trop compliqué et gènant pour nos deux co-passagères. On s'occupera de ça à Boukhara qui est une grande ville. On téléphone de chez Lola au "studio photo" pour leur dire de ne pas nous attendre et on prend la route.

Le voyage en voiture à travers le désert est assez épuisant . A un moment, notre chauffeur s'énerve. Il pense être en panne sèche. Tout le monde descend. C. et moi en profitons pour griller une cigarette lorsque tout à coup, alors que nous attendions en vain le passage d'une voiture dans un sens ou dans l'autre suceptible de nous céder un peu d'essence, cling ! Idée . Le chauffeur revient au pas de course vers la voiture, démonte le siège arrière, donne deux ou trois coups de clé sur le réservoir et hop, ça repart ! En fait, il nous explique que l'essence au black est de mauvaise qualité. Avec la chaleur, elle a beaucoup évaporé et les gaz l'empêchaient d'arriver. Les coup sur le réservoir, on permis de dégazer et voilà...Il doit bien faire 50°C avec du vent. C'est ... mortel et "mortel" de faire le reste du voyage en ayant l'impression d'être assis sur une bombe et d'avoir allumé nos clopes à proximitéHorreur !


Boukhara : La porte d'entrée et le mur de fortification de l'Ark.


Arrivés à Boukhara, on découvre le B&B de Fatima. Super, en plein centre ville. L'endroit est bien sympathique. On invite le chauffeur à manger avec nous sur la place voisine du réservoir central de Boukhara, de Liab-I- Haouz où des chaïkhanas ont installé leurs tables, à l'ombre fraîche d'énormes mûrier et on s'amuse des gosses qui plongent et replongent dans cette eau qui nous paraît, à nous, plus ou moins douteuse. Ensuite, sieste indispensable avec cette chaleur jusque vers 17 heures puis on part à la recherche d'un appareil photo. Fatima nous envoie au chor-sue ( bazar pour ceux qui ne suivent pas Clin d'oeil ) voisin, ou on rencontre les deux jeunes de Tachkent à la recherche d'un tapis. Tapis de Boukhara ? Non, je ne connais pas. je connais bien les tapis de l'Atlas pour en avoir acheté et vendu quelques dizaines, mais ceux de Boukhara, je ne sais pas. Ce que je sais, c'est qu'en régle générale, un tapis doit avoir des points très sérrés tout en restant souple, que les motifs doivent être aussi nets à l'envers qu'à l'endroit, les couleurs chatoyantes sans être criardes pour être surs que les colorants ne sont pas chimiques, mais bon, ce sont des directives qui valent pour n'importe quel tapis. Je présume qu'il y a, ici comme dans l'Atlas, des motifs plus recherchés que d'autres, des couleurs plus typiques, une grande varièté de qualité de laine et de trame, sans parler, ici à Boukhara, de la soie . Alors, bon, soit il faut sympathiser avec un marchand et se laisser guider, soit choisir celui qui plaît le plus, parce qu'il nous plaît et que, ma fois c'est la meilleure raison qui soit pour faire un achat . Nous laissons nos jeune très perplexes avec ces conseils qui n'en sont pas vraiment, et on continue la promenade en levant le nez. Puis, une jeune femme qui parle le français nous entend nous interroger sur le lieu où nous pourrions trouver à acheter un appareil photo, et elle nous indique, pas loin de là, une boutique du même style que celle d'Ouguantch et le même scénario à quelque chose près se déroule.

Comme je meurs de soif et que ces jeunes du magasin, parlent fort bien l'anglais, je laisse Gil bien meilleur négociateur que moi, mener son affaire et je retourne chez Fatima où les filles ( A. et C. ), assises dans la cour, en grande discussion avec Fatima, qui parle fort bien l'anglais, me disent qu'elle ont retenu un guide pour visiter la ville demain, un minibus, pour visiter les alentours après demain, ainsi que quatre places pour un dîner concert demain soir à la madrasa voisine, le Nadir Divanbeg . C'est-y pas merveilleux tout ça ! Ces filles sont de véritables petites mères pour nous , grands leveurs de nez, et flanneurs impénitants .

Une bonne heure après, Gil revient ravi . Il a trouvé un appareil photo de moins bonne qualité que le sien, mais tout de même pas mal et a pris rendez-vous pour le lendemain matin avec le vendeur qui l'amènera à la banque retirer des dollars. Ravis, on retourne au chor-sue où les commerçants on fermé leurs boutiques ce qui nous permet d'admirer les coupoles qu'on n'avait pas remarquées tout à l'heure, trop attirés par les marchandises, puis on pouse vers l'ensemble de Po-I-Kalon. Fabuleux de nuit, époustouflant. On reste là un long moment, assis à admirer, puis on retourne vers la place du Haouz ( réservoir ). Comme il est tard, nous devrons nous contenter d'une soupe, excellente au demeurant, et d'un icecream, mais on ne regrette pas de s'être attardés au Po-I-Kalon. A nouveau, les deux jeunes de Tachkent nous retrouvent, il s'assoient avec nous. On discute un bon moment en buvant une vodka, puis on se quitte en échangeant nos adresses en France.

Le 22 août

Ce matin, pendant que Gil va à son rendez-vous, nous traînons avec les filles devant le petit déjeuner pantagruélique de Fatima, au frais, dans la cour du B&B . Lorsqu'il revient, heureux de son acquisition, nous allons faire un tour au bazar , puis sur le chemin vers Po-I-Kalon, nous nous arrêtons dans une jolie tchaïkhana pour boire un café à la cardamome où j'achète du thé aux épices dans un joli sachet en soie du Ferghana et des petites coloquintes séchées et décorées, fermées par un petit bouchon en cuir qui servent ici de petits flacons à épices. Ensuite, on va faire un tour au marché Russe du Kriti, bien achalandé en objets de plastique ! et de toutes sortes et de fruits et légumes magnifiques comme toujours ici . Gil étrenne son appareil photo et les babouchkas se précipitent pour se faire photographier devant leurs étals.

Boukhara : Dans le marché du Kriti deux "babouchkas" hilares

Elles éclatent de rire en se tenant les seins en se voyant ou en voyant leurs copines sur l'écran . Un vrai moment de joie partagée comme nous les aimons. Je me promets à notre prochain voyage de remettre en service l'appareil à développement de photos instantané, parce qu'elles nous ont donné leurs adresses , grifonnées, sur des bouts de papiers pour qu'on leur envoie les photos, illisibles, inexploitables . Le temps passe vite et il est temps de rentrer car notre guide nous attend chez Fatima pour commencer la visite de la ville.

 


Boukhara : Marchande de fruits dans le marché du Kriti.

Pendant plus de trois heures, nous visitons au pas de charge tout ce qu'il y a à voir dans Boukhara intra muros, abreuvés presque jusqu'à saturation de renseignements techniques et historiques largement inspirés y compris pour l'ordre de la visite du guide Olizane dont elle s'inspire tout en le dénigrant. Cette façon de visiter est à l'opposé de notre goût pour la flânerie, mais bon, comme nous avons décidé de faire équipe avec les filles, nous assumons.

Je remarque, à l'occasion que notre guide a l'air assez pratiquante, alors j'essaye de savoir ce qu'elle pense des Soviétiques qui ont transformé les madrasas en hôtels pour aparatchiks et les mosquées en cinémas. L'occupation Russe (elle corrige systématiquement "Russe" chaque fois que je dis Soviétiques ) nous explique-t-elle, a été une excellente chose pour l'Oubékistan. Il en a résulté de grands progrés sociaux, notamment pour la liberté des femmes, l'éducation y compris supérieure, et la santé. Regardez nous dit-elle les pays comme l'Afghanistan qui ont combattu le régime Soviétique, la population y est maintenant écrasée par un régime intégriste insupportable. Et la voilà qui se lance dans les louanges du régime actuel, autoritaire, certes, mais qui assure travail et bien-être pour tous, reléve le pays, assume tout seul la restauration des monuments historiques que nous avons du plaisir à visiter ( ça, ce n'est pas tout à fait vrai, car nous avons vu en de nombreux endroits des panneaux indiquant que les fouilles,la restauration et la conservation des sites, ainsi que l'aprentissage des jeunes aux métiers artisanaux oubliés lors de l'occupation soviétique, sont pris en chage par des programmes de l'UNESCO ) cependant, si ce point de vue est loin des à priori occidentaux, force est de constater qu'ici, les gens sont heureux, donc accueillants et joyeux et qu'il n'y a presque pas de mendicité, ni de misère visible dans les rues, ni même dans les quartiers populaires où nous nous étions égarés la veille au soir en revenant du Po-I-Kalon, contrairement à ce que nous avons pu voir dans d'autres pays. Je n'ose pas lui parler des événements rudement réprimés dans la vallée du Freghana, mais je comprends à demi mots que c'était l'islamisme inégriste sous jacents qui y était sévèrement combattu et que finalement, de son point de vue, c'était une bonne chose.

Boukhara : soirée au Nadir Divanbeg

Après cette visite marathon, nous rentrons nous préparer avant la soirée au Nadir-divanbeg. Nous pensions que ça allait être un haut lieu du tourisme, un truc puant le Disneyland pour touristes en goguette, et bien, pas du tout, cet endroit est un lieu de sortie pour les habitants de Boukhara qui y sont en majorité. Le spectacle de danses traditionnelles, musique et présentation de mode, est superbe . Qu'est-ce qu'elles sont belles ces filles ! Le repas délicieux agrémenté d'une bouteille de vin ouzbek "Omar Khayam " on s'en serait doutés et de thé. Pour 10$/personne, une soirée bien agréable.



Boukhara : Lion veillant devant l'entrée du palais Sitoraï-Makhi-Khosa ou Palais d'été de l'émir .

Le 23 août

 Lever 7 heures pour aller visiter les sites à l'extérieur de Boukhara. Nous avons bien aimé le mausolée de Baha-al- din- Naqchband qui est un ensemble de mosquées, de jardins et de madrasa, autour du tombeau du saint avec bien entendu la traditionnelle source miraculeuse ( A. va commencer là sa tournée de taste eau aux pouvoirs magiques Tire la langue ) et le tronc poli par les dévotions des pèlerins d'un vieil orme centenaire. Le lieu est paisible et superbe.


Pelerin en méditation devant le tombeau du saint Bakhaouddin Nakhchbandi .

Ensuite, c'est la visite du palais du dernier émir à l'architecture mi orientale, mi Russe un très, très bel endroit aussi avec de très belles collections de porcelaines Chinoises et Japonaises et des jardins superbes. le mausolée des Chor Bakhr ( 4 frères ) est très dépouillé par rapport à l'architecture qu'on à admirée jusqu'à présent ( les frères étaient des derviches "mendiants" ), mais très élégant et touchant avec ses jujubiers "marabouts" , aux branches couvertes de gris-gris de prières .
Ensuite, retour vers la ville pour visiter le mausolée de briques cuites datant du XI° de Ismail Samani, qui est en parfait état parce qu'il était entièrement recouvert de sable jusqu'à la coupole avant le programme soviétique " faire reculer le désert " qui l'a dégagé en 1940. Ce programme , efficace semble-t-il, à consisté à planter autour de Boukhara des milliers d'arbres, d'abord à la main puis ... en avion ? je ne vois pas trop comment mais bon.

Boukhara : Mausolée Ismaïl Samani - détail des briques crues-

 Plus loin, le mausolée de la source miraculeuse du prophète Job ( Un petit coup de ce cru particulier pour A. Angélique ) Visite éclair de l'Ark, la citadelle de Boukhara ou je m'arrête pour acheter un disque ( copie ) de musique Ouzbek , une flûte magnifique, qui ressemble beaucoup aux doukdouk Arméniens dans sa sonorité, que j'écoute avec délice en ce moment, et retour chez Fatima pour se reposer.



Boukhara : Mausolée de tchor Bakr.

Plus tard, les filles qui devaient partir pour Samarkand demain , tandis que nous espérions nous, retourner tranquillement revoir toutes les merveilles de Boukhara que nous avions survolées, nous expliquent qu'en fait, elles iront voir des pétroglyphes du coté de Nurata et feront une étape dans un camp de yourtes. Lorsque Gil entend le mot pétroglyphes son oeil s'allume et comme par ailleurs nous avions dans nos petits papier de monter vers Nurata, nous ferons ce bout de route supplémentaire avec elles, on partagera ainsi le taxi , c'est mieux. C. est absolument ravie que nous continuions encore un peu ensembles, elle nous le dit à plusieurs reprises dans la soirée que nous terminons en allant manger des spaghettis dans un restaurant "Italien".









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