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Carnets Nomades

Carnets Nomades

Récit en photo et bavardages de nos voyages en camping car en Europe centrale, Europe de l'est et du nord; Asie Centrale et Amérique du sud


3- Ukraine - Khotin et Kamianets Podol's'kyi .

Publié par catherineGil sur 14 Octobre 2008, 13:23pm

Catégories : #Ukraine et Crimée en camping-car



1-b-Ukraine-Khotin-et-Kamianets Podolski 1-b-Ukraine-Khotin-et-Kamianets Podolski


Le château de Khotin en bordure du Dniester

Une fois quittée la montagne, nous arrivons dans la zone des champs immenses : 180° de chaque coté de la route et jusqu'à l'horizon . Je regrette de n'être pas là au moment des labours ! Pour en venir à bout il doit y avoir 10 tracteurs cote à cote !
 En début d'après midi nous arrivons à Khotin , prononcer Kh comme la jota en espagnol car Khotin viendrait du verbe xotétb : vouloir, en Russe . Et le fait est, que depuis ses débuts au IX° siècle et jusqu'à la dernière guerre mondiale, ils sont nombreux ceux qui ont "voulu" Khotin au détriment de la population !
Nous nous égarons dans la ville de
Khotin et, comme je demande le chemin à des passants, les voilà qui nous demandent un stylo et un papier et nous dessinent le chemin le plus court pour y accéder sans faire demi tour  Le plus court certes, mais pas le plus carrossable ! Zébulon, secoué comme un panier à salade nous conduit tout de même vaillamment à bon port .
Ne pas oublier en payant le parking, d'aller prendre les billets pour la visite du château sinon, il vous faudra remonter jusqu'au parking pour vous en acquitter ! ( 6 UAH/pers pas tout à fait 1€ )

Terre de frontière et de passage, convoitée  par tous en raison de son emplacement idéal pour protéger les route commerciales du fleuve, au IX° siècle, Khotin n'était qu'une petite forteresse de bois , construite sur l'emplacement d'un village, puis selon la volonté du prince Daniel Galitski, quoi qu'obligé de se soumettre à l'autorité mongole, la forteresse de bois à été remplacée par le premier château en pierre.


Château de Khotin : l'entrée principale de la forteresse .

A la fin du XIV° siècle, Khotin intègre l'Etat de Moldavie et Stéphane III élargit de façon significative les frontières du château. C'est lui qui fait construire les murs de 5m d'épaisseur et de 40m de haut ainsi que le profond sous-terrain dans la cour intérieure pour loger les troupes.

Château de Khotin, la cour intérieure

Aux XV° et XVI° siècles, la forteresse est la résidence des seigneurs Moldaves et grâce à sa protection naturelle et à son emplacement Khotin est devenu un centre important de développement culturel économique et commercial .



Château de Khotin : le mécanisme du puits.

Avec la chute de la principauté Moldave, au XVII°  siècles Khotin passe de mains en mains. C'est en 1621 qu'a lieu la mythologique bataille de Khotin où les cosaques menés par l'hetman Pierre Sagaïdachni eurent finalement raison des turc . Cette victoire est un grand motif de fierté pour les habitants de la région et nombre de poètes aussi bien polonais qu'ukrainien l'évoquent .




Château de Khotin : un dernier coup d'oeil depuis la porte de la première enceinte . Le grand batiment, blanc, rectangulaire est la résidence des gouverneurs de la forteresse, incessamment remaniée au cours des siècles 


Au XVIII° siècle Khotin retombe aux mains des turcs et devient un centre de défense Ottomane.
Au XIX° siècle le gouverneur annule la forteresse militaire et la ville de Khotin, elle, se développe .
Au XX° siècle, les habitants de ce lieu charnière, ont beaucoup souffert pendant les deux guerres mondiales. Khotin la forteresse aussi bien que la ville est convoitée à la fois par la Russie, l'Ukraine, la République Populaire de Moldavie, l'Autriche-Hongrie et la Roumanie .

En visitant la forteresse, en se promenant dans l'enceinte de ses murs, on sent à tous moment le poids de cette longue histoire et la beauté du site ne fait que rajouter à cette mélancolie . Sur une petite colline dans la première enceinte, il y a une jolie église peinte en jaune, superbe sur fond de Dniester mais Gil n'a pas fait de photo car elle était en août 2008 entièrement empaquetée d'échafaudages .

Complètement essoufflés et morts de chaleur, après la remontée depuis la forteresse, nous nous arrêtons à un des petits bistrots installés en bordure du parking pour nous régaler d'une bière fraîche tout en regardant la patronne essuyer consciencieusement, avec un torchon immaculé, les bouteilles de bières et sodas qu'on vient de lui livrer avant de les replacer dans ses propres caisses . Moi qui rouspète toujours lorsque je vois les gens boire à la bouteille, ici, je pourrais me l'éviter :-))

Le château de Kamianets' Podil's' kyi et le pont datant du XVI° siécle enjambant le canyon Smotich.

Nous reprenons la route vers Kamianets qui est une grande ville à  a peine 25km de Khotin. Bien entendu, comme toujours je m'égare, d'autant plus que l'avenue qui conduit à la vielle ville est en travaux et interdite à la circulation en direction de la citée . Pour contourner cet obstacle, nous nous égarons dans des rues toutes cabossées avant le pont sur le Dniester, puisque nous supposons qu'il ne faut pas passer le fleuve. En fait, nous dévalons vers le  fond du canyon de la Smotrich qui n'est relié à l'autre coté que par un petit pont en bois "non mixte" comme dit une jeune femme à laquelle je demande une fois de plus la route . Elle réfléchit un moment puis devant la difficulté à nous indiquer par où passer, nous propose de monter dans Zébulon pour nous guider  et par un dédale de petites rues bordées d'arbre, nous fait remonter du fond du ravin et nous conduit à l'entrée du vieux pont qui l'enjambe et conduit au château . Whaou ! Ma-gni-fique . Elle est ravie de nos exclamations et nous éblouis par ce point de vue au coucher du soleil, nous en oublierions presque de lui demander comment elle va rentrer . Elle rit et nous dit qu'elle va prendre un machkhout, qu'elle ne va pas très loin d'ici .
Notre idée était de jeter Zébulon à la première place libre pour aller profiter des dernières lueurs du soir, mais en nous voyant tourner, un monsieur qui parle fort bien le français s'approche pour nous demander ce que nous cherchons et nous invite à passer la nuit sur la place qui est en fait l'ancienne place du marché arménien bordée de chaque cotés par deux couvents, achetés en 2001 par des Italiens qui fabriquent ici des vêtements . D'ailleurs, un gros camion roumain est garé devant l'un des bâtiments en attendant d'être chargé . Finalement le monsieur comprenant notre impatience " d'aller voir " nous laisse partir en nous disant à toute à l'heure .

Kamianets' le canyon, coté tour des potiers.

Kamianets' : anciennes constructions en bois au fond du canyon .



Kamianets : pique-nique en bordure des jardins potagers érigés en bordure de rivière à l'endroit où le canyon se heurte à la falaise sur laquelle est construite la vieille ville .

En remontant vers la place du marché Arménien, nous tombons sur un panneau qui décrit ce fameux canyon  qui nous a tellement intrigués, il s'agit d'une faille géologique dans laquelle coule 30m plus bas la rivière Smotrich et dans laquelle se développe une flore et une faune endémique, plus de 200 espèces végétales, je ne sais plus combien d'espèces de champignons de lichens, d'oiseaux, d'insectes, de batraciens et de poissons, bref un lieu effectivement très particulier  et un paysage qui, dans notre échelle de valeur qui en compte 4, vaut bien ses 4 étoiles

Lorsque nous regagnons le camion, le monsieur est toujours là qui surveille le chargement du camion roumain ou, je ne sais pas, qui garde . Pendant que je prépare le repas il discute avec Gil et lui explique que les ouvrières qui travaillent dans la fabrique gagnent 120€, et les cadres 200€/mois ce qui d'après lui est un salaire honnête pour l'Ukraine . Alors que je m'apprête à sortir pour lui proposer de prendre l'apéritif avec nous, il est déjà rentré dans l'usine. Tant pis l'apéro sera pour un autre jour . Comme il fait une chaleur intenable dans le camion, nous allons faire un tour dans l'ancienne ville puis nous nous arrêtons à l'angle de la place dans un troquet derrière une palissade de verdure où la pipe de Gil fait mourir de rire une des petites serveuses et où on me sert à nouveau un café ukrainien excellent .

Kamianets' : l'église de la vieille ville

Le lendemain matin comme les préparatifs pour la fête nationale se précisent sur la place et que des commerçants s'installent en essayant d'éviter le camion, nous déménageons Zébulon en bordure du petit jardin un peu plus loin du coté de l'église arménienne . C'est typique de l'attitude des gens en Ukraine et la raison pour laquelle il est indispensable de demander si, là où on s'installe, on ne gêne pas . Personne ne viendra vous dire là, ça va pas, on l'a constaté souvent depuis notre arrivée . Si quelqu'un pour une raison quelconque s'arrête à la sortie d'un parking par exemple, ceux qui sont derrière lui au lieu de klaxonner ou de l'invectiver comme c'est généralement le cas en France, soit, passent en l'évitant, soit patientent tranquillement derrière en attendant qu'il se pousse. Pareil si quelqu'un stationne en gênant la circulation.
 Nous, nous partons visiter la forteresse, bien moins intéressante que celle de Khotin. Elle même date du XII° siècle mais la seule partie qui se visite date des XVII° et XVIII° siècles et là aussi les festivité se préparent avec essais de sono techno assourdissants . Nous faisons un tour sur les remparts intérieurs
 
Kamianets' : les remparts de la cour centrale

Puis Gil s'adonne à ses photos préférées à savoir photographier du bois


Kamianets, une porte de la cour centrale de la forteresse.


Kamianets, un toit en bardeaux de bois

Et puis, après un dernier coup d'oeil, nous repartons à moitié assourdis . On s'arrête encore à une terrasse pour prendre un café et ce n'est que vers 11 heures un demi qu'enfin nous reprenons la route vers Kiev .
Pour le moment Khotin et Kamianets sont vraiment les hit parades de notre voyage Khotin pour l'émotion dégagée par le lieux Kamianets pou la bauté du paysage .
Mais nous ne savons pas encore les merveilles qui nous attendent !

Kamianets : dans la cour centrale le logement des officiers.


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