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Carnets Nomades

Carnets Nomades

Récit en photo et bavardages de nos voyages en camping car en Europe centrale, Europe de l'est et du nord; Asie Centrale et Amérique du sud


6- Ukraine - En route vers la Crimée et Bakhchisaraï

Publié par catherineGil sur 14 Octobre 2008, 13:20pm

Catégories : #Ukraine et Crimée en camping-car

1-d- Ukraine : En route vers la Crimée et Backchisaraï 1-d- Ukraine : En route vers la Crimée et Backchisaraï


Entre Mykolaïv et Kherson : Marché de bord de route .

C'est assez tard lorsque nous quittons le Prolissok de Kiev. Nous avons passé la matinée à bavarder avec les Italiens, visiter nos campings car respectifs, et échanger nos adresse e.mail . Ils sont  assez angoissés parce qu'une dépanneuse doit venir chercher le camping car qui a explosé sa boîte vitesse sur un cailloux, pour le transporter à la concession Fiat de Kiev, qui semble n'être qu'un bureau commercial et ils s'inquiètent de savoir combien de temps ils vont être bloqués là. Nous les laissons à leurs interrogations non sans leur souhaiter " bonne chance "comme c'est la coutume en Ukraine et nous reprenons la route . Toujours ces champs à perte de vue avec de temps en temps des villages tristes et poussiéreux où des babouchkas, devant leurs portes, vendent de la soupe dans des marmites émaillées ainsi que les légumes de leurs potagers. Je m'arrête pour acheter des tomates à l'une et des pommes de terres plus loin .  Nous nous demandons à qui peuvent bien appartenir ces terres si riches pour que les villages aient l'air aussi pauvres . Le soir, nous faisons étape sur la piste d'une station service  qui nous accueille avec plaisir,
à la sortie d'un village.

Entre Mikolaïv et Kherson : marché de gros sur le bord de la route.

Le matin, réveillés de bonne heure par le trafic de la station, nous ne nous attardons pas. A un moment, le ciel bleu intense et immobile de l'été, passant petit à petit au bleu métallique reflétant l'eau nous en avait prévenus, le paysage change radicalement et, au sommet d'une colline, le Buzkyi lyman,(  lyman : estuaire  ) le large estuaire de la Pivolennyi Buh , s'offre à notre regard . Les verts et les bleus se mêlent, des petits villages en bordure des nombreux bras d'eau brillent au soleil, et sur le bord de la routes, des "souks", ou plutôt des marchés de gros, avec des palettes entières de sacs de pommes de terre, d'oignons, de farine, des remorques de pastèques vertes et jaunes,et une noria de fourgonnettes qui s'arrêtent  pour faire le plein et emporter la marchandise dans les villes, alternent avec des marchés pour les particuliers où tout ce qui vit, nage et  pousse dans ces terres où l'eau douce et l'eau de la mer se marient est représenté : tomates, aubergines, courgettes, concombres, raisins blancs, rouges ou rosés, pêches, pommes, poissons fumés de toutes sortes , fruits exotiques, jolis oignons plats et violets. Mille couleurs et mille odeurs se mêlent.

Entre Mikolaïv et Kherson : marché de bord de routes : " indian granatas " aux couleurs superbes et au goût suave .

A hauteur de Kherson, ce sont les multiples bras de l'estuaire du Dniepro que nous traversons . Maintenant les immenses champs de céréales alternent avec des champs non moins immenses de pommiers. Sur la route, des camions-benne chargés de tonnes de pommes les emportent on ne sait où, puis nous arrivons à Yevpatoriia le "Palavas-Les-Flots " de la mer noire si ce n'est une jolie mosquée Tatar du XV° siècle toujours en activité.

Yevpatoriia : Le minaret de la mosqué Tatar XV° siècle

 On vient d'entendre l'appel du muezzin qui se mêle aux chants  religieux , superbes comme toujours, d'une église orthodoxe juste en face de la mosquée . C'est l'heure de l'office et les fidèles se pressent pour rédiger des petits papier  qu'ils remettent à une guichetière . Sans doute des demandes de prières à une icône ou à un pope ayant une renommée particulière.

Yevpatoriia : La facade de la mosquée Tatar à l'architecture bien typique .

Nous nous baladons un moment  sur la promenade ombragée du front de mer, puis nous reprenons la route . A la sortie de Yevpatoriia, Gil repère un "camping" , installé de bric et de broc, sans sanitaires, entre la grande route et le chemin de terre poussiéreux qui mène à trois ou quatre boîtes de nuit ,redoutables sans doute pour "l'ambiance musicale" sitôt la nuit tombée. Gil voudrait s'arrêter là . Pour ma part, j'ai repéré sur la carte, un autre village, Katcha, juste en face de la route qui nous mènera demain à Bakhchisaraï . Après discussion, nous finissons par opter pour Katcha .
En bord de route, les champs de pommiers on laissé  place à d'immenses vignobles à perte de vue, bien ordonnés, les vignes palissées comme en Italie . Juste avant Kacha, nous nous installons sur une falaise dominant la mer d'où nous bénéficions d'un coucher de soleil de cinéma, le soleil rouge plongeant dans une mer....marine pardi :-)) comme son nom l'indique . Nous restons là, bouche bée à admirer dans un vent qui s'est levé en tempête sans que ni l'un, ni l'autre ne pense à photographier . Nous ne regrettons pas la poussière et les boîtes de nuit de Yevpatoriia, la nuit promet d'être calme ... enfin, promet, jusqu'à ce que deux petits avions ne se mettent à s'entraîner à faire des atterrissages/décollages de nuit et par vent violent, sur un aéroport, juste derrière nous, de telle sorte qu'ils nous passent au dessus de la tête en rase-motte, à l'aller comme au retour . Nous les regardons un moment , faire un tour au dessus de la mer , allumer les phares, se poser et recommencer, jusqu'à ce que vers onze heures lassés, nous décidions d'aller essayer de dormir malgré le bruit, en espérant qu'eux aussi vont aller se reposer. Effectivement, le temps de lire trois pages et le calme est revenu.


Katcha : La Mer Noire, pas si noire que ça et "la flotte Russe croisant au large de Sévastopol" comme disent les journalistes ( nous sommes en pleine crise de l'Ossétie du sud ) pas si impressionnante que ça non plus !

La route menant à Bakhchisaraï bien que marquée en jaune sur la carte est pour une fois très bonne. Elle serpente entre collines et petites vallées charmantes. Ici, les cultures sont à taille normale . Vignobles, vergers, champs, toujours parfaitement entretenus, séparé par des haies de cyprès, maisons pimpantes entourées de potagers et, pour la première fois en Ukraine, des moutons .. C'est vraiment un autre paysage, très .... méridional . Arrivés à Bakhchisaraï, comme toujours, notre carte n'étant vraiment pas assez précise, je ne sais pas vers où me diriger . On s'arrête pour demander où se trouve le palais des khans mais, les personnes soit bougonnent qu'elle ne savent pas, soit ne répondent même pas en regardant ailleurs   C'est aussi vraiment une autre population ! Prise d'une inspiration subite, je demande alors où se trouve le monastère ouspenski puisqu'il est quelques kilomètres plus loin sur la même route et là, miracle "on" sait . Parfait .
Mais qui sont ces Tatars dont j'ai déjà parlé plus haut ?

" Les Tatars sont les descendants de peuples turcs venus d'Asie Centrale en Europe . Les Tatars de Crimée, eux, descendent plus précisément des troupes du chef mongol Batu Khan, qui plaça l'Ukraine sous la domination de la Horde d'Or au XIII° siècle .
En 1428, sous l'effet de la désintégration de la Horde, le khanat de Crimée devient une entité politique indépendante emmenée par Haci Giray. Envahie en 1475 par les Ottomans, le khanat fut pendant trois siècles un vassal de la Sublime Porte, tout en bénéficiant d'une liberté politique relativement importante . La situation change avec l'arrivée des Russes en 1783, et le début des persécussions . La plupart des 4 à 5 millions de Tatars émigrèrent alors vers l'Empire ottoman .
Bien que très avancé en matière de culture et d'art, le khanat faisait reposer son économie sur le commerce d'esclaves capturés au cours d'incursions en territoire russe, ukrainien ou polonais. Mais, depuis 250 ans, les Tatars sont plus victimes que bourreaux . Rentrés en Crimée pendant la révolution russe de 1917 dans l'espoir d'accéder à l'indépendance, ils furent rapidement la cible d'un génocide stalinien. Les accusant de collaboration avec les Allemands, Staline déporta les 250 000 Tatars en Ouzbékistan, au Kazakhstan, et en Sibérie et ce, en l'espace de quelques jours à partir du 18 mai 1944 .
Ils furent des milliers à mourir pendant leur transfert et près de la moitié restante estime-t-on, à ne pas survivre à leur première année de déportation . la langue tatare, qui fait partie du groupe des langues turques interdite ainsi que tous les témoignages de la culture Tatar . La plus part des mosquées furent détruites et la région repeuplée par des Ukrainiens, des Russes, des Bulgares et des Allemands de l'ex RDA .
En 1967, Khroutchev leur présenta des excuses officielles mais les Tatars ne furent autorisés à rentrer chez eux qu'en 1989. Ils représentent actuellement environ 12% de la population en Crimée, mais victimes de racisme, ils n'ont pas pour autant la vie belle . Ceux, rentrés d'Ouzbékistan n'obtiennent que depuis peu un passeport ukrainien tandis que, bien que sur leur terre d'origine, des milliers de Tatars, vivent encore dans des camps de fortune "  -  Extrait de lonely Planet édition 2008 -

Étant donné cette situation encore très conflictuelle et Bakhchisaraï étant l'ancienne capitale Tatar, on comprend un peu mieux la réticence des gens de la rue, quoi que, mais bon.
En tous cas, la visite du Palais des Khans ( Khanskyi Palats ) vaut vraiment le détour, l'architecture et le lieu lui même, dans un paysage exceptionnel sont vraiment agréables, et  les différentes pièces du palais, qui se visitent comme un musée regorgent d'une quantité d'objets superbes .

Bakhchisaraï : Le palais des Khans.


Bakhchisaraï : Le palais des Khan : l'entrée principale.

Bakhchisaraï : le palais des Khans : dans la cour principale : la mosquée.

Bakhchisaraï : le palais des khans, le minaret de la mosquée principale .

Bakhchisaraï : le palais des Khans : salon d'hiver des Khans.

Bakhchisaraï : le palais des khans, salon d'été des khans.

Bakhchisaraï : le palais des Khans, un des salons du harem .



Bakhchisaraï : le palais des khans, une des cours intérieures .


Bakhchisaraï  : le palais des khans dans le parc .

Bakhchisaraï : le palais des khans, la cour du harem .

Bakhchisaraï : Le palais des khans, un dernier coup d'oeil depuis la cour centrale .

Après 3 heures passées à visiter le palais des khans et avec pourtant,  la nette impression que nous n'avons pas tout vu loin s'en faut, nous nous reposons dans le parc en mangeant une glace, toujours étonnés par le calme et la propreté des lieux malgré le nombre de visiteurs arrivant en bus depuis Sévastopol ou Simféropol . Pas un papier, pas un mégot ne traîne .
Ensuite, dans ce paysage si particulier de roches calcaires, creusées de grottes et d'habitats troglodytes, nous allons à pieds jusqu'au monastère ouspenski . Après les 4 kilomètres à pieds depuis le palais des khans, le raidillon à pic jusqu'au monastère nous casse les jambes mais, ça vaut la peine de souffler un peu ! Le monastère , sans doute le plus ancien d'Ukraine, construit au VIII° ou IX° siècle par des moines Byzantins, est vraiment très joli adossé et creusé en partie dans la roche calcaire avec ses fresques peintes à même la falaise .

Bakhchisaraï :  monastère ouspenski ( de la dormition )



Bakhchisaraï : monastère ouspenski , distribution de l'eau miraculeuse de la source aux vertus curatives.

Bakhchisaraï : monastère ouspenski, cellule de moine sous son gros chapeau de rocher, et son jardin potager devant.

Bahchisaraï : monastère ouspenski . On aperçoit la petie coupole non pas "dorée" mais en or de l'eglise.

En revenant du monastère vers le parking où nous avons laissé Zébulon ce matin, nous nous arrêtons pour déjeuner dans un joli restaurant qui nous fait beaucoup penser à l'Ouzbékistan, installé dans un jardin, avec ses tcharpoïs  sous des pergolas de bois . Au menu bien entendu un pvlov et du thé . Nous passons là un moment bien agréable, et en plus, pendant le repas, nous avons le plaisir de recevoir un coup de téléphone d'un de nos fils :-)) Rien ne manque à notre bonheur aujourd'hui .

C'est en camion que nous visitons rapidement Sévastopol . C'est dommage, nous avons mal calculé notre coup, nous aurions du  visiter d'abord Sévastopol, où il est probablement très plaisant de se promener avant d'aller à Bakhchisaraï, mais là, après Bakhchisaraï, Sévastopol nous paraît bien quelconque et ostentatoire avec son architecture XIX° .
Puis, nous prenons la route côtière vers Yalta . Le paysage est vraiment magnifique avec ces falaises qui tombent à pic dans la mer, un mélange entre calanques de Cassis , côte Croate ou côte Amalfitaine . Superbe, et, contrairement à ce que disent Lonley Planète ou le Petit Futé réunis, qui n'ont pas dû mettre les pieds sur la Côte d'Azur ou les Siete Tierras depuis bien 80 ans ! Pratiquement pas de touristes .
On accéde aux  villages,par des petites routes à pic, qui descendent en épingles à cheveux jusqu'au bord de mer où ils sont construits sur des pitons .
Nous faisons étape tout au fond du village de Foros, le village où Gorbatchev avait été assigné à résidence lors du coup d'état de 1991 , sur une sorte de parking pompeusement baptisé "camping" et nous remontons nous promener dans le village bien agréable avec son joli jardin public et, effectivement ses deux ou trois superbes résidences dominant le mer .


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